L’ESSTIC forme les journalistes et les communicants du pays. C’est aussi l’un des rares concours camerounais où la culture générale n’est pas une épreuve secondaire : elle est le cœur du métier, et le concours le reflète.
Un concours qu’on ne peut pas bachoter
C’est la différence fondamentale avec les concours scientifiques, et elle change toute la stratégie de préparation.
Pour une école d’ingénieurs, le programme est fini : on peut lister les chapitres et les traiter. Ici, le « programme » est l’actualité, l’histoire récente, les institutions, les grands débats. On ne le termine jamais, et trois mois de révision intensive ne rattrapent pas deux ans de lecture.
La conséquence pratique est directe : commencez tôt et travaillez peu chaque jour, plutôt que tard et beaucoup. Trente minutes de lecture quotidienne pendant un an battent très largement un trimestre de bachotage, parce que la culture générale s’accumule au lieu de se réviser.
Ce que « culture générale » veut dire ici
Le terme est vague et décourage inutilement. En pratique, il recouvre quatre choses assez précises :
- L’actualité nationale et internationale, comprise et non seulement mémorisée : ce qui s’est passé, mais aussi pourquoi.
- Les institutions — comment un pays est organisé, qui décide quoi. Un journaliste qui l’ignore ne peut pas couvrir une décision publique.
- L’histoire récente, qui explique la plupart des situations présentes.
- Les grands repères culturels : œuvres, courants, figures.
Une méthode simple et efficace : suivre l’actualité dans deux sources aux points de vue différents, et tenir un carnet d’une page par semaine résumant ce qui s’est produit et ce que cela change. Au bout d’un an, ce carnet vaut n’importe quel manuel.
L’écriture, qui départage réellement
À culture comparable, ce sont les copies qui font la différence, et les correcteurs cherchent des qualités précises : une idée claire, un plan visible, des phrases courtes, aucun délayage.
Le défaut le plus fréquent est l’inverse de ce que croient les candidats : ils écrivent long et ornementé, pensant montrer de la maîtrise. Dans un métier où il faut dire beaucoup en peu de signes, cela signale exactement le contraire.
Entraînez-vous à résumer : prenez un article long, réduisez-le à dix lignes sans perdre l’essentiel, puis à trois. C’est l’exercice le plus proche du métier réel et il progresse vite. Écrivez ensuite des textes courts sur un sujet d’actualité, avec un angle assumé plutôt qu’un tour d’horizon.
Le métier, dit sans illusion
Le journalisme attire pour sa visibilité et se pratique dans des conditions souvent difficiles : débuts mal rémunérés, horaires irréguliers, pression réelle sur certains sujets.
Il faut le savoir avant, pas après. En contrepartie, la formation en communication ouvre bien au-delà des rédactions : entreprises, institutions, organisations internationales et conseil recrutent ces profils, souvent à de meilleures conditions. Un diplômé n’est pas enfermé dans une seule voie.
La compétence bilingue est ici un multiplicateur direct : dans un pays à deux langues officielles, un communicant qui travaille dans les deux vaut nettement plus, comme l’explique notre article sur l’avantage bilingue sur le marché du travail.
Se préparer sur douze mois
Mois 1 à 6 : lecture quotidienne, carnet hebdomadaire, un texte court écrit chaque semaine. Mois 7 à 10 : sujets complets en temps limité, en se relisant sévèrement sur la clarté plutôt que sur le style. Mois 11 et 12 : révisions des repères, entraînement à l’oral si l’épreuve en comporte un, aucune matière nouvelle.
Prévoyez une inscription en faculté en parallèle. Les places sont peu nombreuses, et une lettre, une licence en lettres ou en sciences sociales mène au même secteur par une autre porte.
Questions fréquentes
Quel baccalauréat faut-il ?
Les profils littéraires sont les plus représentés, mais l’épreuve mesure la culture et l’écriture, pas une série.
Peut-on préparer ce concours en trois mois ?
Difficilement. La culture générale s’accumule sur des années plutôt qu’elle ne se révise.
Comment travailler la culture générale ?
Deux sources d’actualité différentes, et un carnet d’une page par semaine.
Faut-il écrire de façon littéraire ?
Non. Clarté, plan visible, phrases courtes. Le délayage est pénalisé.
Le diplôme mène-t-il uniquement au journalisme ?
Non. La communication d’entreprise et institutionnelle recrute largement ces profils.
