Concours ENS Bambili : choisir sa discipline et préparer

Comment preparer le concours ENS Bambili : guide complet
Cyril KimbiBy Updated 4 min read

L’ENS de Bambili forme des professeurs. C’est une école dont la logique diffère de toutes les autres du pays, pour une raison que les candidats sous-estiment : on n’y entre pas seulement pour étudier, on y entre pour un métier déterminé à l’avance.

Le point que tout le monde manque : le choix de la discipline

C’est la décision la plus importante, et elle est prise au moment du dossier, bien avant l’épreuve.

Les places sont réparties par matière. Le nombre de candidats varie énormément d’une discipline à l’autre, et les places aussi — ce qui signifie que le rapport places / candidats n’est pas le même partout. Deux candidats de même niveau, inscrits dans deux disciplines différentes, n’ont pas la même probabilité d’entrer.

Cela ne veut pas dire qu’il faut choisir la discipline la moins demandée. Vous allez enseigner cette matière pendant trente ans ; entrer par calcul dans un domaine qui vous ennuie est un mauvais marché. Mais cela veut dire qu’il faut faire le calcul en connaissance de cause, plutôt que de choisir par habitude scolaire.

La bonne question n’est pas « où ai-je le plus de chances », mais « parmi les matières que je serais heureux d’enseigner, laquelle offre le meilleur rapport ».

Ce que le statut change vraiment

Les élèves-professeurs des écoles normales ont un statut particulier pendant la formation, et une affectation à la sortie. Trois conséquences honnêtement pesées :

  • La sécurité est réelle. Peu de filières offrent une visibilité d’emploi comparable à la sortie.
  • L’affectation n’est pas choisie. Le premier poste peut être loin de votre région. C’est à accepter avant, pas à découvrir après.
  • La carrière est balisée. C’est un avantage pour qui veut de la stabilité, une contrainte pour qui veut changer de secteur.

Ce troisième point mérite d’être dit clairement, parce qu’on ne le dit pas assez aux candidats de dix-huit ans : l’ENS est un excellent choix si l’enseignement vous intéresse, et un choix contraignant si vous la visez uniquement pour la sécurité.

La langue, pour un candidat francophone

Bambili forme dans le système anglophone. Les épreuves sont en anglais et l’enseignement se fera en anglais.

Un francophone peut réussir, mais l’enchâînement compte : ce n’est pas seulement le concours qu’il faut passer en anglais, c’est ensuite toute une carrière d’enseignement. Ceux pour qui c’est un projet assumé — devenir bilingue professionnellement — y trouvent un avantage durable. Ceux qui le découvrent en arrivant le vivent mal.

Si le projet est assumé, travaillez dès maintenant dans la langue : les annales GCE de votre discipline sont l’exercice le plus proche de ce qui vous attend.

Préparer une épreuve disciplinaire

Le concours porte sur la matière choisie, à un niveau qui suppose une maîtrise du programme du secondaire et un peu au-delà. La procédure est la même que pour tout concours classé :

  1. Traiter un sujet complet en conditions réelles pour diagnostiquer, pas pour se rassurer.
  2. Noter la cause de chaque point perdu — ignorance, temps, mauvaise lecture.
  3. Ne travailler que les causes récurrentes.
  4. Recommencer, chronomètre en main.

Une particularité utile : comme vous enseignerez cette matière, expliquer à voix haute une notion que vous révisez est à la fois la meilleure révision et un entraînement au métier. Ce qu’on ne peut pas expliquer simplement, on ne le maîtrise pas.

Le plan B

Une licence dans la même discipline reste une voie vers l’enseignement, par d’autres portes. Inscrivez-vous en parallèle : les inscriptions ferment pendant l’attente des résultats, et une place manquée ne devrait pas coûter une année entière.

Les places par discipline, les dates et les conditions sont fixées chaque année par arrêté. Vérifiez celui de l’année en cours auprès de l’établissement, jamais d’après une capture d’écran transmise.

Questions fréquentes

Choisit-on sa discipline ?

Oui, au moment du dossier. C’est la décision la plus lourde du processus.

Un francophone peut-il candidater ?

Oui, mais l’enseignement se fera en anglais toute la carrière. À assumer, pas à subir.

L’affectation est-elle choisie ?

Non. Le premier poste peut être éloigné de votre région.

Faut-il viser la discipline la moins demandée ?

Faites le calcul, mais seulement parmi les matières que vous seriez heureux d’enseigner.

Que faire en cas d’échec ?

Une licence dans la même matière mène à l’enseignement par d’autres voies.