Concours ESSEC Douala : épreuves et préparation

gce geography
Cyril KimbiBy Updated 5 min read

L’ESSEC de Douala est l’une des rares grandes écoles camerounaises où un bachelier littéraire et un bachelier scientifique se retrouvent dans la même salle d’examen. C’est une particularité réelle, et elle change complètement la manière dont il faut préparer le concours.

Une école de gestion, pas une faculté d’économie

La distinction mérite d’être posée d’entrée, parce qu’elle détermine si l’école vous convient.

Une faculté d’économie enseigne l’économie comme discipline : théorie, modèles, analyse. Une école supérieure de commerce forme à des métiers : comptabilité, finance, marketing, gestion, audit, commerce international. La sortie est professionnelle et le lien avec l’entreprise est direct.

Cela se voit aussi à l’entrée. On entre en faculté par inscription ; on entre à l’ESSEC par concours, avec un nombre de places fixé à l’avance et un classement qui décide.

L’ouverture aux séries littéraires

C’est le point le plus mal connu, et il ouvre une porte que beaucoup d’élèves ne savent pas exister.

Le concours d’entrée en première année accepte les séries A et B aussi bien que C, D et G, ainsi que le GCE Advanced Level. Autrement dit, un élève de série A qui pensait n’avoir accès à aucune grande école sélective en a une, et une bonne.

Mais l’ouverture a une contrepartie qu’il faut regarder en face : vous composez contre des bacheliers C et G. Un candidat littéraire qui ne comble pas l’écart quantitatif avant l’épreuve se fait distancer sur la partie technique. L’ouverture est réelle ; elle n’est pas gratuite.

Les deux épreuves

Épreuve Ce qui est évalué Où se perdent les points
Essai économique Structure de l’argumentation, connaissance de l’actualité économique, clarté Réciter un cours au lieu de répondre à la question posée
Épreuve de spécialité Mathématiques ou gestion selon le profil Lenteur : l’épreuve est chronométrée

L’essai est l’épreuve la plus sous-estimée et la plus discriminante. Ce n’est pas un contrôle de connaissances : c’est un test de raisonnement structuré. Un candidat qui récite tout ce qu’il sait sur l’inflation sans répondre à la question posée est mal noté, même si tout ce qu’il écrit est exact.

Préparer l’essai économique

Trois habitudes suffisent, tenues sur plusieurs mois.

Suivre l’actualité économique régulièrement. Pas la veille : l’actualité ne se révise pas, elle s’accumule. Quinze minutes par jour sur l’économie camerounaise, la CEMAC et les grands équilibres internationaux valent davantage que trois semaines de bachotage.

Travailler le plan avant la rédaction. Sur un sujet donné, entraînez-vous à produire un plan en dix minutes : deux ou trois parties, une idée directrice par partie, un exemple concret par idée. Faites-en vingt. Vous progresserez davantage qu’en rédigeant cinq dissertations complètes.

Constituer une réserve d’exemples. Dix à quinze exemples précis — une politique, un secteur, une donnée, une entreprise — réutilisables sur des sujets différents. Un argument sans exemple reste une opinion.

Combler l’écart quantitatif

Pour un candidat de série A ou B, c’est la priorité absolue, et la bonne nouvelle est que le périmètre est étroit : pourcentages et variations, proportionnalité, suites et intérêts, lecture de tableaux et de graphiques, statistiques descriptives, notions de base de calcul commercial.

Ce ne sont pas des mathématiques abstraites, et l’essentiel se rattrape en quelques semaines de travail régulier avec des annales de mathématiques. La méthode : faites des exercices, corrigez-vous sévèrement, notez ce que vous ratez. Après cinq séances vous aurez une liste courte de trois ou quatre types de questions qui reviennent — travaillez celles-là uniquement.

La voie du second cycle

Une seconde entrée existe pour les titulaires d’une Licence ou d’un diplôme équivalent. Elle est nettement moins connue que la voie post-baccalauréat et vaut d’être considérée par tout diplômé qui cherche une qualification professionnelle après un cursus général.

Le raisonnement est le même que pour l’ENSET : une Licence obtenue sans débouché immédiat n’est pas une impasse si l’on connaît les portes qui s’ouvrent à ce niveau.

Stratégie de candidature

  1. Vérifiez l’éligibilité dans l’arrêté de l’année en cours. Séries admises, âge, pièces. Les conditions bougent d’une session à l’autre.
  2. Préparez au moins un second concours dont les épreuves se recoupent — les concours de gestion et d’administration partagent beaucoup avec l’essai et la culture économique.
  3. Constituez une inscription en faculté en parallèle. Les places sont comptées et le classement décide ; attendre un seul résultat coûte une année entière quand il ne tombe pas.
  4. Faites certifier vos pièces tôt, avant l’ouverture des inscriptions.

Les dates, les frais et les centres d’examen sont fixés chaque année et publiés officiellement. Prenez-les là et nulle part ailleurs.

Questions fréquentes

Un bachelier de série A peut-il entrer à l’ESSEC ?

Oui. Le concours de première année est ouvert aux séries A, B, C, D et G ainsi qu’au GCE Advanced Level.

Quelles sont les épreuves ?

Un essai économique et une épreuve de spécialité, chacune sur une durée limitée.

Faut-il être fort en mathématiques ?

Il faut être à l’aise sur le quantitatif appliqué — pourcentages, proportions, lecture de données. Ce n’est pas le niveau d’une école d’ingénieurs.

Un titulaire de Licence peut-il postuler ?

Oui, par la voie réservée aux diplômés, qui est nettement moins connue que la voie post-bac.

Quelle différence avec une faculté d’économie ?

La faculté enseigne la discipline et recrute sur dossier ; l’ESSEC forme à des métiers de gestion et recrute par concours classé.

Pour aller plus loin

Le guide des concours au Cameroun couvre les autres écoles, et le calendrier d’orientation après le Bac détaille ce qui doit être fait pendant la terminale plutôt qu’après les résultats.