Concours ENS au Cameroun : écoles, cycles et préparation

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Cyril KimbiBy 5 min read

Les Écoles Normales Supérieures régionales sont la voie la plus directe vers un emploi salarié qualifié au Cameroun, et l’une des moins bien comprises. Beaucoup de candidats ne savent pas qu’il en existe plusieurs, ni que le choix de l’école modifie réellement leurs chances.

Plusieurs écoles, et pourquoi cela compte

Les ENS ne sont pas concentrées dans une seule ville : elles sont rattachées à différentes universités d’état, dans plusieurs régions du pays.

Ce point a une conséquence stratégique que peu de candidats exploitent. Comme les places sont attribuées par école et par filière, le rapport entre le nombre de candidats et le nombre de places varie d’un établissement à l’autre et d’une discipline à l’autre. Une filière moins demandée, avec le même nombre de places, est arithmétiquement plus accessible — sans que le diplôme final en soit diminué.

Renseignez-vous donc sur les écoles ouvertes pour l’année en cours et sur les filières proposées par chacune, plutôt que de viser par réflexe la plus connue.

Les deux cycles

Premier cycle Second cycle
Qui peut postuler Bacheliers, ou titulaires du GCE Advanced Level Titulaires d’une licence ou d’un diplôme admis en équivalence
Entrée en 1re année 3e année, en général
Sortie Enseignement au premier cycle du secondaire Enseignement au second cycle du secondaire

La voie du second cycle mérite d’être nommée clairement, parce que beaucoup de diplômés ignorent qu’elle existe. Un titulaire d’une licence en mathématiques, en lettres, en anglais, en histoire ou en sciences, sans débouché immédiat, peut entrer directement en troisième année et sortir professeur. Deux ans, et une profession à la sortie.

C’est l’une des rares passerelles structurées entre une qualification académique et un métier salarié au Cameroun. Le comparatif ENS, ENSET et HTTTC précise quelle école correspond à quelle matière.

Ce que le concours évalue

Deux choses, et les candidats n’en préparent généralement qu’une.

La maîtrise de la matière, au niveau du cycle visé : programme de terminale pour le premier cycle, niveau licence pour le second.

La culture générale et le raisonnement, qui figurent sur la plupart de ces épreuves et que presque personne ne travaille parce qu’elles paraissent faciles. C’est exactement pour cela qu’elles rapportent le plus : le gros du peloton s’y regroupe, et les sécuriser fait passer devant beaucoup de candidats à faible coût.

Elle ne se bachote pas, en revanche : elle s’accumule. Quinze minutes par jour sur l’actualité nationale, les institutions et le système éducatif, tenues sur une année, valent bien davantage que trois semaines intensives.

L’entretien, quand il existe

Attendez-vous à une question simple et redoutable : pourquoi enseigner ?

Une réponse vague — « j’aime les enfants », « c’est un emploi stable » — ne distingue personne, et le jury l’entend cinquante fois par jour. Une réponse concrète se retient : une matière que vous voulez cesser de voir craindre, un professeur qui a changé votre trajectoire, des élèves que vous encadrez déjà.

Ce qu’il faut accepter avant de s’engager

Deux réalités, dites franchement, parce qu’elles se découvrent mal après coup.

L’affectation est nationale. Un enseignant formé par l’État peut être affecté loin de sa région d’origine. C’est une contrainte réelle qu’il vaut mieux peser avant de préparer une année entière.

Le métier est exigeant d’une manière que le concours ne teste pas. Effectifs, conditions matérielles, charge de correction. Cela n’enlève rien à l’intérêt de la voie, mais un candidat qui choisit uniquement pour la sécurité de l’emploi le découvre tard.

En contrepartie, l’issue est définie : vous savez avec quelle qualification vous sortez et vers quel métier elle mène, ce qui n’est pas le cas de tous les cursus.

Préparer une seconde voie

Les places étant comptées et attribuées par classement, de bons candidats sont écartés chaque année par simple arithmétique. Ce n’est pas un jugement sur le niveau.

Présentez donc plusieurs écoles ou plusieurs filières quand le calendrier le permet, et constituez en parallèle une inscription en faculté. C’est cette candidature parallèle qui évite de perdre une année entière pour une raison administrative.

Les dates, les conditions d’âge et les filières ouvertes sont fixées chaque année par arrêté. Vérifiez celui de l’année en cours auprès de l’établissement et du ministère, jamais d’après un message transmis.

Questions fréquentes

Combien d’ENS existe-t-il ?

Plusieurs, rattachées à différentes universités d’État et réparties dans plusieurs régions. La liste ouverte varie selon l’année.

Peut-on entrer avec une licence ?

Oui, par le second cycle, généralement directement en troisième année. C’est la voie la moins connue et la plus utile pour un diplômé sans débouché.

Un candidat anglophone peut-il postuler ?

Oui. Entraînez-vous sur des annales dans la langue du concours plusieurs mois à l’avance.

Quelle matière travailler en priorité ?

La culture générale, parce qu’elle s’accumule et ne se rattrape pas dans les dernières semaines.

Le choix de l’école change-t-il mes chances ?

Oui. Les places étant attribuées par école et par filière, le rapport candidats/places varie sensiblement.