Concours IRIC : conditions, épreuves et préparation

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Cyril KimbiBy Updated 4 min read

L’IRIC est l’une des rares institutions camerounaises où l’on n’entre pas après le baccalauréat. C’est un institut de troisième cycle, et cette seule caractéristique élimine chaque année des candidats qui découvrent trop tard qu’ils ne sont pas éligibles.

Ce que l’IRIC est, et ce qu’il n’est pas

Ce n’est pas une grande école que l’on présente en terminale. C’est un institut spécialisé de niveau master, rattaché à l’université, qui recrute des diplômés.

La conséquence pratique est qu’il faut le préparer pendant la licence, pas après. Un étudiant qui décide en dernière année de viser l’IRIC part avec un retard considérable sur la culture générale, qui est la matière la plus discriminante et la seule qu’on ne peut pas rattraper en trois mois.

La distinction avec l’ENAM tient en une phrase : l’ENAM forme l’administration de l’État vers l’intérieur, l’IRIC forme sa représentation vers l’extérieur.

Qui peut se présenter

Les titulaires d’une licence ou d’un diplôme admis en équivalence. Les profils qui réussissent viennent le plus souvent du droit, des sciences politiques, de l’économie, de l’histoire, des langues et de la gestion — mais la filière d’origine compte moins que la capacité à raisonner et à écrire.

Les conditions précises, l’âge et les filières ouvertes sont fixés chaque année. Vérifiez l’arrêté en cours plutôt qu’un article de l’année précédente : c’est l’erreur qui fait constituer un dossier pour rien.

Les trois matières qui décident

La culture générale

C’est la matière la plus lourde et la seule qui ne se révise pas. Elle s’accumule.

Ce qu’il faut suivre régulièrement : les relations internationales et les grands conflits en cours ; les organisations internationales, leurs compétences et leurs limites ; l’intégration régionale africaine et la CEMAC ; la politique étrangère camerounaise et ses grands axes ; l’économie mondiale et les questions commerciales.

Quinze minutes par jour pendant un an valent infiniment plus que trois semaines intensives. Le candidat qui commence le dernier mois a déjà perdu cette épreuve.

La dissertation

Elle n’évalue pas ce que vous savez mais comment vous l’organisez. Écrire tout ce que l’on connaît sur un sujet sans répondre à la question posée est sanctionné, même quand chaque phrase est exacte.

La préparation la plus rentable n’est pas de rédiger. C’est de produire des plans : dix minutes, un sujet, deux ou trois parties, une idée directrice et un exemple concret par partie. Faites-en vingt. Vous progresserez davantage qu’en rédigeant cinq dissertations complètes.

Constituez en parallèle une réserve de quinze à vingt exemples précis — un traité, une organisation, une crise, une décision — réutilisables sur des sujets différents. Un argument sans exemple reste une opinion.

Les langues

C’est ici que le candidat camerounais dispose d’un avantage réel et sous-exploité. Travailler en français et en anglais est exactement ce que le champ international demande, et la plupart des candidats ne le développent jamais délibérément.

Ne vous contentez pas d’être bilingue à l’oral. Entraînez-vous à lire et à écrire des textes formels dans les deux langues — communiqués, articles de presse sérieuse, rapports d’organisations. C’est le registre du concours et celui du métier.

Un plan sur douze mois

Période Priorité
Mois 12-9 Culture générale quotidienne ; constitution de la réserve d’exemples
Mois 9-6 Méthode de la dissertation : vingt plans, corrigés
Mois 6-3 Dissertations complètes chronométrées ; lecture formelle bilingue
Mois 3-0 Dossier ; entretien blanc ; révision de la réserve d’exemples

Le classement, et le plan B

Les places sont fixées à l’avance et les candidats sont classés. Il n’y a pas de moyenne à atteindre : la ligne tombe là où les places s’épuisent, et de bons candidats ne passent pas.

Présentez donc au moins un second concours dans le même cycle. La préparation — culture générale et dissertation — sert directement l’ENAM et plusieurs concours administratifs, donc le coût marginal est faible. Et si vous êtes encore étudiant, protégez votre année universitaire : c’est elle qui rend une seconde tentative possible.

Questions fréquentes

Peut-on entrer à l’IRIC après le baccalauréat ?

Non. L’IRIC recrute au niveau troisième cycle, après un premier diplôme universitaire.

Quelle licence faut-il ?

Plusieurs conviennent — droit, sciences politiques, économie, histoire, langues, gestion. La capacité à raisonner et à écrire compte davantage que la filière.

Quelle matière travailler en premier ?

La culture générale, parce qu’elle s’accumule et ne se rattrape pas.

Le bilinguisme est-il vraiment un avantage ?

Oui, et un avantage rare quand il s’étend à l’écrit formel dans les deux langues.

Que faire en cas d’échec ?

Représenter est courant. Préparez un second concours administratif dans le même cycle, la préparation étant largement commune.